Le gouvernement algérien semble tétanisé par l’effondrement du prix du pétrole 

Le gouvernement algérien semble tétanisé par l’effondrement du prix du pétrole 

2020981_le-gouvernement-algerien-semble-tetanise-par-leffondrement-du-prix-du-petrole-web-tete-0211206916391.jpgComment évaluez-vous la situation économique du pays ?

Notre Ă©conomie est faite de bric et de broc, d’un tiers de rĂ©sidu de l’Ă©conomie administrĂ©e des annĂ©es 1970, d’un tiers d’Ă©conomie informelle, qui fournit 30- 40 % du PIB, et d’un tiers d’Ă©conomie formelle obĂ©issant aux instructions politiques. Il s’agit d’une Ă©conomie rentière, dĂ©pendante des hydrocarbures Ă  l’exportation et de l’Ă©tranger pour tous les biens de première nĂ©cessitĂ©. Elle est clientèliste aussi car il faut ĂŞtre dans les bonnes grâces du rĂ©gime pour prospĂ©rer. Le dĂ©ficit des paiements courants dĂ©passe 15 % du PIB et la croissance, Ă  3 %, est très insuffisante pour commencer Ă  rĂ©sorber le vertigineux chĂ´mage des jeunes. Le gouvernement ponctionne sans vergogne le Fonds de rĂ©gulation des recettes, qui sera Ă©puisĂ© Ă  la fin de l’annĂ©e. Quant aux rĂ©serves de change, de 193 milliards de dollars l’an dernier, elles auront fondu de moitiĂ© fin 2016. Les projets d’Ă©quipement sont gelĂ©s, et le budget de l’Etat fonctionne au jour le jour. Comment 1.000 milliards de dollars de recettes pĂ©trolières en dix ans ont-elles pu ĂŞtre ainsi gâchĂ©es ? Nous allons dans le mur.

Quelles mesures faudrait-il prendre ?

Sur le plan politique, nous vivons une pĂ©riode de « glaciation brejnĂ©vienne », oĂą le temps semble s’ĂŞtre arrĂŞtĂ©, avec un gouvernement tĂ©tanisĂ© face Ă  l’effondrement du prix du pĂ©trole et prĂ©occupĂ© de sa seule survie. Nous sommes en pleine crise de rĂ©gime, l’ouverture d’un dialogue national avec l’opposition pour un changement graduel et pacifique s’impose. Mais le pouvoir n’a rĂ©pondu que par deux nouvelles lois verrouillant encore davantage les lĂ©gislatives de 2017. Il est pourtant urgent de dĂ©bureaucratiser et dĂ©politiser l’Ă©conomie, de supprimer les barrières pour les investisseurs Ă©trangers, de moderniser notre système bancaire.

En revanche, l’AlgĂ©rie semble moins frappĂ©e par les djihadistes que d’autres pays.

Les terroristes ne peuvent plus frapper partout et tout le temps en AlgĂ©rie. Un arc terroriste s’est installĂ© du Nigeria Ă  la Somalie, du Sahel au Maghreb : c’est le fait gĂ©opolitique majeur des cinq dernières annĂ©es. Al Qaida Ă©tait le seul en piste au dĂ©but du siècle, il en existe dix du mĂŞme type aujourd’hui.